vivre

L’innovatrice

Le « success story » de Charlene Freedom mériterait qu’on y consacre un livre. Après avoir surmonté une maladie difficile, des douleurs chroniques, puis une dépendance aux opiacés, elle se rétablit finalement et transforme ses propres leçons de vie en une carrière innovatrice afin d’aider les autres à guérir. Aujourd'hui, Charlene est praticienne certifiée en santé naturelle, consultante auprès de patients traités au cannabis et animatrice d'ateliers. Elle contribue au renforcement de sa communauté.

Au début de la vingtaine, on m'a diagnostiqué une affection gynécologique impliquant de gros kystes ovariens qui se rompaient et entraînaient des hémorragies internes. J'ai subi plusieurs chirurgies abdominales avant l'âge de 27 ans pour enlever ces kystes. C’est aussi à cette époque que j'ai aussi donné naissance à mes filles. Pendant longtemps, j'ai eu l'impression d'être constamment soit en train de me préparer à une intervention chirurgicale, soit en train de m’en remettre. Après tout ça, j'étais devenue accro aux médicaments sur ordonnance. Mes médecins m'ont prescrit un cocktail pilules pharmaceutiques, y compris des opiacés puissants pour gérer ma douleur et des antidépresseurs pour m'aider à gérer mon humeur, puisque mon état affectait considérablement mes hormones, entraînant anxiété, dépression et sautes d'humeur. Lorsque j'ai eu 28 ans, toutes ces opérations avaient finalement fonctionné. Enfin, ma douleur avait diminué. Mais ma dépendance aux opiacés était devenue incontrôlable. J'ai fini à l'hôpital avec une inflammation du foie et mon médecin m'a dit que si je voulais vivre, je devais arrêter de prendre des pilules et reprendre le contrôle de mon corps.

C’est alors que je me suis soumise à un interminable et pénible processus de sevrage de tous les médicaments que je prenais : il a fallu compter 18 mois au total ! C'était une période de sevrage complet : j'étais malade tous les jours avec des tremblements, des sueurs froides, des tremblements, et une véritable montagne russe d‘émotivité. Et en même temps, je faisais de mon mieux pour m'occuper de mes deux petites filles.

Pendant que je traversais les premières étapes du sevrage, un de mes amis m'a tendu un joint. Je m'en souviens très bien parce que c'était la veille du Nouvel An, un nouveau départ. C'était hallucinant de constater à quelle vitesse tous mes symptômes se sont estompés. En 10 minutes, je me sentais à nouveau presque normale. Quand j'ai dit à mes médecins que le cannabis contribuait à réduire mes symptômes de sevrage, ils m'ont dit : « Oh, vous êtes une junkie. Vous ne faites que remplacer une drogue par une autre. » Mais ça marchait, et je ne rechutais pas. J'ai donc décidé d'écouter mes tripes et je suis heureuse de l'avoir fait car je crois que c’est le cannabis qui m'a sauvé la vie. Sans le cannabis, je ne sais pas si je serais encore ici.


« Tout le monde a son histoire, et la mienne est fertile en rebondissements, mais je suis très fière de ma situation actuelle. J'ai bâti une entreprise axée sur le rétablissement, du point de vue d'une personne qui s'y connaît en toxicomanie. »

Une fois ma consommation de médicaments réglée, j'étais motivée à reprendre ma vie en main. Retourner à l'université constituait une étape importante de mon rétablissement à long terme. La médecine holistique m'a séduit pour des raisons évidentes, et à l'université, on m'a initié à différentes façons de gérer ma propre santé. Je suis tombée particulièrement amoureuse du massage, de la réflexologie et de l'aromathérapie, qui sont devenus les piliers de ma nouvelle carrière et de ma nouvelle vie.

Pendant un certain temps, j'ai été heureuse, et je faisais un bon travail de massothérapie et de réflexologie. Puis, tout a changé. Il y a environ sept ans, j'ai été heurtée par une voiture alors que je traversais la rue et j'ai subi de graves blessures : on a dû introduire chirurgicalement une barre de métal dans mon épaule. Quand j'ai essayé de retourner au massage et à la réflexologie à plein temps, j'ai trouvé que c'était trop épuisant physiquement. Après tout ce que j'avais déjà vécu, j'étais réticente à l’idée qu'on me réintroduise dans ce cycle infernal de douleurs et de rétablissement. Puis j’ai eu un moment de lucidité et je me suis posé une question importante : Qu'est-ce que j'allais faire maintenant ?

Encore une fois, le cannabis s’est imposé comme la réponse que je cherchais. Pendant ma convalescence, je me suis tournée vers le cannabis topique pour traiter ma propre douleur : j'ai été étonnée de voir à quel point c’était efficace pour moi ! J'ai commencé à faire des recherches, à expérimenter avec différentes recettes, à trouver des idées pour des onguents et des teintures, le tout dans l'intention de pouvoir en apprendre suffisamment pour aider d'autres patients dans le besoin à trouver leur propre recette. Je n'ai pas eu à réinventer tout ce que je faisais ou à me trouver une nouvelle clientèle - j'avais l'impression qu'une porte s'ouvrait et que je retrouvais enfin mon équilibre.

Tout le monde a son histoire, et la mienne est fertile en rebondissements, mais je suis très fière de ma situation actuelle. J'ai bâti une entreprise axée sur le rétablissement, du point de vue d'une personne qui s'y connaît en toxicomanie. Je voulais vraiment savoir pourquoi le cannabis fonctionnait, comment il fonctionnait, à quoi il me servait et comment il pouvait aider d'autres personnes. À bien des égards, je suis reconnaissant d’avoir un point de vue si unique. Les personnes qui ont été toxicomanes souffrent d'une faible estime de soi et d’une fierté personnelle amoindrie. Tu te sens comme un raté, comme si tu ne contrôlais pas ta propre vie. Toutes ces années plus tard, ce qui me redonne de la force c’est d’avoir une carrière significative, pour aider les autres : je suis bien là où je suis.

 

Photography by Angela Lewis

J'anime une retraite annuelle pour femmes sur le cannabis appelée « Ladies Love Mary Jane ». C'est comme un camp de vacances pour adultes, à environ une heure au nord-ouest de Toronto. Je voulais créer une communauté accueillante pour donner aux femmes la permission de s’afficher en tant que fumeuses de cannabis, et tout l'espace nécessaire pour s’t adonner. Partager cette partie d'eux-mêmes sans crainte de jugement. Les retraites ont fini par être une merveilleuse célébration - nous avons tous tellement de plaisir et il y a aussi des liens profonds et significatifs qui ont été établis. Il y a beaucoup d'événements " industriels " pour les femmes dans le domaine du cannabis à Toronto, mais ce contexte est différent parce qu'il ne s'agit pas d'affaires. Beaucoup de femmes qui viennent ne font pas du tout partie de l'industrie : elles ont leurs histoires personnelles de cannabis. Nous organisons une autre retraite en mai cette année, et je suis déjà très excitée. Il y aura un spectacle comique ainsi que des ateliers. J'ai vraiment hâte d'être avec ce groupe de femmes.

Pour en savoir plus sur Ladies Love Mary Jane here.

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Comme toutes les plantes thérapeutiques, le cannabis affecte chaque individu différemment. Je ne dirais jamais à un client que le cannabis est bon pour tout le monde ou pour toute situation, mais je crois qu'il peut fonctionner pour beaucoup des gens, et j'encourage les clients à essayer de petites doses au début pour voir ce qui fonctionne pour eux. Voici trois « recettes de bien-être » qui fonctionnent bien pour moi et plusieurs de mes élèves :
1

Ma façon préférée de traiter ma douleur chronique quotidienne est de prendre un bain chaud avec des sels d'epsom, de l'huile de cannabis et des huiles essentielles. La combinaison d'eau chaude, de sels et de l'absorption des huiles aide à réduire la douleur et l'inflammation tout en favorisant le sommeil. Essayez d'ajouter 4 cuillères à soupe de sels, avec une cuillère à café d'huile de noix de coco infusée au cannabis et 10-20 gouttes d'huiles essentielles dans le bain.

2

L'huile de lavande est votre amie ! L'huile de lavande peut soulager l'angoisse, la dépression, l'insomnie, les inflammations et bien plus encore. L'une des façons les plus efficaces d'utiliser l'huile de lavande est d'en mettre 3 gouttes sur le centre de votre paume et de respirer profondément.

3

Mon onguent préféré est la crème de cannabis. Le cannabis infusé dans la crème topique peut être utilisé pour tout, de l'arthrite et la douleur de fibromyalgie, à l'acné, l'eczéma, l'herbe à puce et les piqûres de moustiques. Essayez d'ajouter une cuillère à café d'huile de noix de coco infusée au cannabis dans 100 ml de base d’onguent, puis ajoutez-y 10-20 gouttes d'huiles essentielles pour créer votre propre onguent de cannabis.