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La designer

C’est suite à son expérience personnelle que Hayley Dineen cofondatrice de Sackville & Co, s’est vue attirée par l'industrie du cannabis. Elle était à la recherche de produits à base de cannabis qui inspireraient sa créativité esthétique au lieu d’y nuire. Bien que le bien -être personnel et la beauté du design soient les piliers de sa marque, l'expérience de Hayley en matière de consommation responsable, à titre de consultante pour la Ethical Fashion Initiative de l'ONU, signifie que sa contribution au monde du cannabis dépasse largement les accessoires de mode.

J'ai toujours su profiter d’un plaisir récréatif sain avec le cannabis, mais comme tant de gens qui en prennent à des fins médicales, ma relation est devenue plus sérieuse quand j'en ai eu vraiment besoin. Le terme technique de mon diagnostic « syndrome de douleur pelvienne myofasciale » (SDPM), qui se traduit par de graves spasmes musculaires, une sensation de fendillement de l'estomac et une douleur atroce. Mes médecins m'ont alors prescrit une dose élevée de morphine toutes les quatre heures, ce qui avait pour effet de m’assommer complètement. Je ne me souviens plus de rien de la première semaine où j'ai pris ces analgésiques. C'est une sensation étonnante, d'être éveillée, mais en même temps si éloignée de soi-même. Après avoir connu des problèmes de digestion pendant plus d'une décennie, j'étais tellement soulagée d'avoir enfin un diagnostic. Mais j'ai vite réalisé qu'un diagnostic n'équivalait pas à une solution, qu'il me fallait quand même trouver un moyen de gérer la douleur et que la morphine ne me conviendrait pas à long terme.

J'ai commencé à fumer du cannabis, puis à réduire la quantité de pilules de morphine, et finalement, j'ai fini par arrêter complètement la morphine. J'ai expérimenté différentes souches, j'ai essayé des produits à base de THC et de CBD, j'ai pris beaucoup de bains chauds et, peu à peu, j'ai commencé à me sentir beaucoup plus présente et en contrôle de ma santé.

Aujourd'hui, je suis au meilleur de ma forme, et outre le cannabis, je ne prends aucun médicament. Je m'assure de prendre soin de mon corps, de ne pas trop me stresser, de faire de la physio quand j'en ai besoin. Je me suis créé un rituel de relaxation basé sur la consommation de cannabis, et c'est devenu une partie très agréable de ma journée. Cette routine a contribué à améliorer ma santé à bien des égards.

 


À une époque où je me sentais si mal physiquement, je désirais m’entourer de belles choses réconfortantes qui me procuraient un certain contrôle.

L'idée de fonder Sackville & Coest née d'un désir très personnel d'inclure de beaux objets dans mon rituel de cannabis. En tant que designer, l'esthétique joue un énorme rôle dans mon bien-être. Quand on est entourés de choses qui ne nous représentent pas, ou auxquelles nous ne sommes pas attachés, il est difficile de se sentir bien chez soi. Depuis toujours, le style de vie associé au cannabis est de nature masculine, peut-être même un peu immature. Mais il y a tant de gens si différents qui utilisent des produits de cannabis au quotidien, pourquoi ne pourraient-ils pas se reconnaître à travers le design également ?

J'ai toujours été un « garçon manqué » dans l'âme, mais en tant que designer, j'ai appris à apprécier une esthétique plus féminine. L'énergie féminine signifie : embrasser, calmer et accueillir. À une époque où je me sentais si mal physiquement, je désirais m’entourer de belles choses réconfortantes qui me procuraient un certain contrôle. J'ai un très beau cendrier en marbre qui me rend heureuse quand je le regarde. Ce sont ces petites choses qui font toute la différence. Je me suis alors mise à apprendre tout ce que je pouvais sur le cannabis, avec un intérêt particulier pour la façon dont les femmes consomment, l'usage qu'elles font de la plante, leurs rituels préférés, comment elles se sentent.

Définir le bien-être

 

Il est facile de définir le « bien-être » de manière unidimensionnelle " – comme manger des grains entiers ou faire du jogging tous les jours. Mais le bien-être peut s’avérer aussi simple que de sortir avec ses copines et de rire autour d'un joint. Ou d’écouter des disques ou un podcast. Le bien-être, c'est tout ce qui vous permet de vous sentir à votre meilleur et de vous exprimer librement.

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Le consommateur moderne : 3 choses auxquelles les acheteurs doivent penser avant de cliquer sur « ajouter au panier ».
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La représentativité — Ce produit me ressemble-t-il ? M'apporte-t-il de la joie, du bonheur ? A-t-il un effet positif sur ma vie, sur mon environnement, ou sur ma routine quotidienne ?

J'adore découvrir une nouvelle marque qui fait quelque chose de cool, d'excitant et de nouveau. Il y a tellement de place pour la croissance dans cette industrie : lorsqu'une nouvelle marque apparaît pour offrir quelque chose de différent aux consommateurs, je n’y vois pas de concurrence. Nous avons besoin de plus de diversité dans l'industrie du cannabis, et tout comme dans les inductries de la mode, de l'art ou des services alimentaires, il y en aura éventuellement pour tous les goûts : je trouve que c'est une bonne chose.

2

La transparence — Puis-je savoir comment et où il a été fabriqué ? Y a-t-il suffisamment d'informations sur ce qu'il contient ? Qui est propriétaire de l'entreprise et qui en profite ?

Plus que jamais, les consommateurs sont en quête de transparence, principalement parce qu'ils ont été traités comme de la merde pendant des années, qu'on leur a si longtemps menti au nom du marketing. Ils exigent maintenant davantage des marques. Les gens veulent connaître l'histoire derrière leur produit, ils veulent savoir ce qu'il contient. Ils n’ont plus une confiance aveugle simplement parce qu’on leur dit de l'acheter.

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L’éthique — Comment les produits que nous adoptons influencent-ils notre avenir, nos collectivités et le monde qui nous entoure ?

 

C'est dans l'industrie alimentaire que ce changement a été le plus important. Les consommateurs commencent vraiment à s'interroger sur l'agriculture industrielle, sur ce que nous mangeons, sur la façon dont nous cultivons et fabriquons des aliments, sur les effets à long terme que ces produits auront sur notre santé, sur notre planète et sur la manière dont tous ces systèmes sont reliés. Dans l'industrie de la mode également, les gens s'interrogent sur leurs vêtements : d'où proviennent les tissus, comment les vêtements ont-ils été fabriqués, par qui et à quel salaire ? Je pense que nous verrons la même chose avec le cannabis. Les gens exigeront le meilleur produit, mais ils voudront aussi savoir où et comment il a été cultivé, et comment ces pratiques affectent notre monde.